Ralph, retraité, vit tranquillement avec sa femme Carolyn dans la ville de Derry. Lorsqu’elle meurt, il se retrouve seul, et continue tant bien que mal sa vie.
Pourtant il commence petit à petit à perdre du sommeil : chaque jour il se réveille quelques minutes plus tôt, quelle que soit l’heure à laquelle il se couche.
Amusé au début, il met cela sur le compte de la mort de sa femme. Voyant que cela ne s’arrange pas, il commence à essayer les recettes données par ses voisins et amis, depuis la rasade de bourbon avant de se coucher jusqu’aux pastilles de miel. Il ne se décide pourtant à prendre rendez-vous chez son médecin que lorsqu’il commence à, parfois, voir le monde de façon très « colorée », particulièrement les êtres vivants qu’il voit entourés d’une sorte d’aura.
Tout à ses soucis, il ne se rend pas compte que son voisin Ed perd lentement les pédales, mettant en danger sa femme Helen et sa fille Nat qui vient de naître.
Par ailleurs la ville est en ébullition à cause de la visite prévue de Susan Day, célèbre partisane de l’avortement, qui attise les passions des uns et des autres — ce qui est toujours mauvais signe dans la ville de Derry.
Ce livre est pour moi un très bon roman. La longue « descente aux enfers » de Ralph, par son insomnie, bascule doucement dans le fantastique, de façon bien menée.
Les évènements qui se passent autour de cette insomnie se développent lentement avant de se regrouper et se chevaucher.
La Tour sombre joue un rôle très important, et l’« organisation » du monde en différentes « strates » est assez bien décrite.
Stephen King intègre le mythe romain des Parques (ou les Moires grecques) dans son roman, tout en en donnant une interprétation personnelle.
J’aime bien aussi, même si c’est « classique », l’idée du personnage très discret et insoupçonnable, voire considéré comme simple d’esprit, qui est en fait quasiment un être supérieur — simplement, il ne le montre pas.