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La Vie du vieux Fukuzawa racontée par lui-même

Autobiographie de Yukichi Fukuzawa

mercredi 9 février 2011, par Nicolas

Résumé

À travers le récit de sa vie, Yukichi Fukuzawa (né le 1er octobre 1835, mort le 3 février 1901) décrit les différentes transformations du Japon qui passe de l’ère Edo à l’ère Meiji.

Fils d’un samurai de bas niveau imprégné de confucianisme, Yukichi étudie le hollandais, puis l’anglais. Voyageant aux États-Unis et en Europe, il contribue à la diffusion de la pensée occidentale au Japon.

Penseur, éducateur qui a créé l’université de Keio, entrepreneur, journaliste, écrivain, il a grandement influencé son époque, et c’est pourquoi il est présent depuis longtemps sur les billets de 10 000 yens.

Opinion

Cette autobiographie est intéressante à plusieurs niveaux.

Tout d’abord elle présente de nombreuses anecdotes sur la vie de tous les jours dans cette période du Japon, que l’on ne trouve pas forcément dans les livres. Ainsi cette école où les étudiants allaient nus et se souciaient tellement peu d’hygiène qu’un récipient pouvait servir de toilettes puis de casserole. Ou la façon dont les rivalités entre confucianistes et étudiants en sciences hollandaises [1] s’exprimaient.

Ensuite, elle a été dictée par Fukuzawa à un journaliste, et est donc de style oral, avec de nombreuses tournures peu habituelles pour les biographies. De la même façon Fukuzawa saute souvent d’un thème à l’autre, sans parfois de lien logique, la structuration n’est pas toujours évidente.

Enfin, ce qui m’a surtout frappé, c’est qu’à travers uniquement cette lecture, quelqu’un ne sachant pas qui est Fukuzawa pourrait se demander « mais qui est ce vieil homme, et qu’a-t-il fait de si extraordinaire ? ». En effet Fukuzawa parle finalement très peu de ses écrits, des actions qu’il entreprend, voire de sa pensée. Bien sûr il cite quelques éléments [2], mais ne s’étend pas énormément, il ne cite pas les répercussions qu’ont eu ses travaux, ou les gens qu’il a influencés.

C’est au final une lecture intrigante, mais pas désagréable, qui a le mérite de présenter une époque

Notes

[1] Durant une grande partie de l’époque Edo (d’environ 1600 jusqu’en 1868), les Hollandais étaient les seuls autorisés à commercer avec le Japon. Les Japonais acquéraient donc de nombreux livres en hollandais à travers lesquels ils apprenaient à connaître l’Occident, ce qui a été nommé « les études hollandaises », 蘭学

[2] Il semblerait d’ailleurs qu’il y ait une erreur de traduction dans une traduction française récente. Traduit, Fukuzawa semble dire en substance « je parle à n’importe qui pourvu qu’il ait l’air de savoir parler, quelle que soit sa condition sociale, y compris aux gens de bas étage, etc. », alors que la version japonaise serait plus proche de « je parle à n’importe quoi pourvu qu’il ait l’air de savoir parler, sauf les gens de telle catégorie et telle catégorie », ce qui n’est pas vraiment la même chose...

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